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29/09/2013

Dimanche soir

aussitôt que

l'énergie du moment 

a fini d'être absorbée par le plafond

que les assistants

ont fini de ne pas se reconnaître l'instant d'avant

que les murs

sont redevenus les murs

et la porte

une complice avec un doigt sur la bouche

 

aussitôt que 

les maux ont réintégré le dictionnaire

et l'ivresse

les maux d'estomac

 

aussitôt 

que notre sédentarité 

est redevenue une certitude sans imagination

et la messe 

une vieille tradition poussiéreuse


aussitôt nous serons

morts

morts

et le sachant


et vides

des mots propres à nous faire sortir de nous-mêmes 

 

et de cette mort même 

gros de quelque chose de plus

22/09/2013

La somme

tout ce que tu fais

tout ce que tu fais pour décoller tes paupières

tout ce que tu fais pour impressionner les collègues

les mots que tu tais pour ne pas paraître anormal aux passants

les vêtements pour avoir l'air d'avoir vraiment deux bras et deux jambes

les rideaux pour transformer les voisins en hypothèse spécieuse

et tout ce que tu fermes pour que le soleil la mort la longévité des galaxies ne soient qu'un infime éblouissement dans le bruit de la circulation

 

tout

les bouquins

la musique et le manuel de musculation

la douche le comptoir et le brouhaha enfumé

la peau le musc les cheveux avalant le visage

et la cafetière qui filtre plutôt bien les cachets d'aspirine

 

tout 

la vibration que tu cherches sous tes pieds

le tremblement de terre qui n'arrive pas

le mot juste qui tombera au bon moment

et le bateau qui finira par exister


tout ce que tu fais pour la beauté des cicatrices

tout ce que tu fais pour éviter l'ennui

tout ce que tu fais pour sentir tout le nerf dans l'étendue d'une seconde

tout ce que tu fais pour oublier ton besoin d'inaction


tout 

vraiment tout


10/09/2013

Sieste

 ossuaire.jpg

 

le plus bizarre dans ce rêve

n'est pas le fait que tu me forçais à bouffer de la chair humaine

ni le fait

que malgré la vue sur les chiens policiers

tu ne cessais de répéter

que tout allait pour le mieux

pas de problème que tu disais

le type était un clandestin 

pas de famille

au pire on pourra toujours dire que c'était un programme du ministère de l'intégration

moi 

je ne voyais pas trop comment tu envisageais de t'en sortir

ni ce que foutait ce mec à gueule de rock star avec tes organes génitaux

 

la décharge donnait sur un étang à moitié desséché 

et nous

(nous trois plus la tête et le tronc du cadavre)

étions au-dessus du vide

à huit ou dix mètres de hauteur

sur un des trois piliers en béton armé

seuls restes d'un pont qui avait un jour mené quelque part

(et la question de savoir comment on y était montés
n'était pas la plus flippante à ce moment précis)
 

en bas des déchets organiques des bouteilles huileuses du plastique un reste de mayonnaise un bras de mannequin en cire le reste de la caisse du chat et les manuels de sexologie planqués derrière le rayon philo  TOUT DANS LA MÊME POUBELLE À CIEL OUVERT


le plus bizarre était que

les flics qui fourrageaient dedans n'avaient pas l'air dégoûté 

aucun d'eux ne portaient de gants

ils faisaient même un signe de tête au passage

et toi

toujours avec le même oeil allumé :

c'est le moment de vivre une vraie aventure marin d'eau douce

non

c'est le moment où j'aurais aimé m'intéresser aux piafs

et à la couleur du crépuscule

comme les bon vieux poètes de ce temps-là

qu'est-ce qui m'a pris nom de dieu

de m'intéresser aux questions sociales

 

et ensuite

tes soupirs les glapissements de la rock star sont montés d'un cran

et ensuite

rien

 

...mais le fait que je me sois réveillé et que ce que je vois depuis soit la réalité 

je continue de trouver ça un peu suspect...