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19/08/2013

Fin de série III (Mois d'août - remise en forme)

ce putain d'ULM repasse au-dessus de ma tête

il y a un moment où il faut prendre des décisions

malgré la joie des brins d'herbe dans le dos

j'ouvre les yeux

engin hors de vue 

doit se tortiller quelque part au sud-est de mon oreille droite

je le claque contre mon cou

...

putain il siffle encore


tout est fini

il a suffi que j'ouvre les yeux

pour qu'éclate l'évidence

des deux poignées d'amour qui paissent sur le pré à côté de moi

et pendant ce temps-là

j'engraisse

moi

juillet-août

c'est engraisser


bouffe ça

bouffe-moi ça

bouffe-moi ça et ça encore

fais une pause et respire

un petit loukoum avec le pousse-café

faudrait que je me rencarde sur l'Egypte et la Palestine

que j'aille voir un peu comment ça se traîne du côté des pogroms et des chasses au pédé


faudrait que j'aie plus de compassion pour mes frères humains qui n'ont rien d'autre à foutre à la plage que de passer en revue les blogs de poésie sur leur smartphone

faudrait

enfin

soyons sérieux

allongé comme ça sur l'herbe

il y a toujours un demain matin pour ce genre de résolutions


et c'est pas le pire

il y a aussi la conscience

il y a aussi que Bruce Lee est mort maigre

que Cousteau est mort maigre

et Gandhi

et Primo Levi

 

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(trois séries de pompes plus tard

ça va pas mieux :

Orson Welles est mort gros

mais alors gros putain

Hitchcock est mort gros

Brando est mort gros

et Churchill

et Jimbo

...

allez donc 

faire quelque chose de poétique

en août)

 

 

 

20/07/2013

Les restaurants M... M... vous souhaitent une bonne et heureuse canicule !

     Je suis calé contre la table à garniture de la centrale et je regarde le conduit d'aération au-dessus de moi. Il est à peine 13 heures 42 et il n'y a absolument rien d'autre à faire en cuisine. Jack est déjà parti recharger les stocks, à une heure pareille, quelle misère. Il ne s'encombre même pas d'une pile de panières et de petites roulettes, il remonte les viandes et les sachets de frites à la main, il prend son temps.

     Moi aussi : pour la première fois depuis trois semaines, je vis seul dans mon corps, sans l'excroissance craintive que Suma m'avait greffée en gage de confiance. C'est beau comme le recouvrement des cinq doigts de la main droite après l'ablation d'un plâtre. Le ronronnement de la climatisation a commencé son ascension saisonnière. C'est chaque année la même chose. La température augmente, les circuits surchauffent. Le bruit s'amplifie d'autant. Un jour on sort du boulot, on allume sa cigarette, et on a des sifflements plein les oreilles. Et le lendemain, on l'entend. On n'entend même plus que ça en cuisine, il est impossible de se concentrer sur autre chose que ce grondement, on fait répéter quatre fois sa commande à la prod, et tout le monde a les nerfs à vif jusqu'à ce que la clim pète pour l'été.

 

     C'est aujourd'hui que ça va se produire, je le sens. Je ne lâche pas le conduit des yeux. Je ne sais plus ce que font les autres, mais je sais ce qu'ils feront dans cinq minutes.

     Et ça ne rate pas. Un claquement résonne, suivi d'un bruit de baudruche qui se dégonfle. Ils sont accueillis par des cris de joie.

Je suis très fier de moi.

Voix de Fabrice par-dessus mon épaule gauche :

       —L'été est en avance, cette année. 

       —C'est pas l'été. C'est moi.

     Fabrice hésite. Il regarde Ed, du côté frites, qui hoche lentement la tête avec un grand sourire. On a l'air sérieux, tous les deux.

 

     —Il faudrait vous reposer un peu, les gars.


Extrait de Fast-food, Work in progress


(NB : Cette page et ses 179 petites soeurs cherchent un éditeur. Hésitez pas.)

06/06/2013

Abdo-fessiers

 

hans.jpg


ça ne vaut pas un détour pas un voyage

ça fait longtemps que tu le sais 

qu'ici et là-bas quelles que soient les latitudes

et l'alcool de riz de bananier de testicules de Yack

c'est toujours le même homme et la même gueule de bois lancinante


pourtant il faut 

perdre cette bidoche

pourtant il faut 

reprendre la respiration à zéro

tuer le réflexe

et répéter les gestes

la vie

ce n'est qu'un sport parmi d'autres 

pour l'activité du mercredi


tu le sais

tu le sais


seulement il fait

tellement moche

que tu as envie de demander pardon

de ne pas t'être engagé dans la marine

quand il était encore temps 

d'avoir 17 ans