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01/02/2013

Une Epiphanie

Je ris, mais ce n'est pas par méchanceté.

C'est de la joie. D'avoir compris.

Des fois, on fait des trucs comme ça, comprendre.

Alors, le truc est rigoureusement à la place qui lui a été attribuée depuis le début de la création.

La vraie vie.

C'est un bibelot qu'on peut toucher, regarder, emporter avec soi, mais la licence d'utilisation se limite à ça, on ne peut ni le prêter ni le vendre ni le communiquer à ses descendants, et si on veut le passer en fraude de bouche à oreille à un ou deux privilégiés un soir d'attendrissement après un gros rush étreinte qui éreinte, on ne trouve pas les mots, alors on cherche, et on cherche des années, on tourne autour, on creuse une tranchée, on met des contreforts pour la solidité, puis un jour des rideaux fantaisie et des géraniums, et finalement on a claqué tout son sang sa sueur et son foutre pour rien trouver d'autre qu'une étagère branlante sous une tonne de papier, et ça fait de vous un poète.

 

24/01/2013

Encore, et encore, et encore

Il n'y a pas de recours

Recouds-toi si tu peux

Un beau sourire une jambe qui suit le reste sans trop se faire traîner

Une voix un tantinet mélodieuse

Tu en es conscient et tu guettes la limite

Tu sais qu'il y a un moment dans la vie de tout homme

Où s'il s'entend lui-même répéter une fois de plus

Ce sera sur place ou à emporter

Il finira par tuer quelqu'un

Pourtant ça reste une expérience 

Alchimie

Transmutation de tout et du reste

BLABLA BLABLA en couleur et en stéréo

Et l'amour la famille et le chamanisme

Appelle ça comme tu veux

ça reste 

De la chair

Ce métier n'est pas un métier

C'est une vie

Et ces deux mouches et leur coït à pic du canapé

Qui te foutent les larmes aux yeux alors que tu te masses les pieds

Ce n'est pas une vie

C'est un métier

 

19/01/2013

Dactyles

 

Taper, Sténo-dactylo, épique, haïku


Après tout ça ma seule certitude 

C'est que j'ai été une sténo-dactylo très méchante dans une vie antérieure

Chaque soir, comme ça

Je tape une petite demi-heure

Quoi que dise la météo quoi que vendent les gros titres

Je tape

J'en ai besoin

C'est mes altères, mon clavier d'ordinateur

Et mes compléments alimentaires et mon abonnement à la salle de sport

Tape

Sur les amis sur la mémoire

Sur les cartes postales sur le retraitement des déchets

Tape

Sur les avantages fiscaux que promet le CNL 

A tout individu pouvant prouver

Qu'il est capable d'écrire un sonnet régulier

Tape

Sur n'importe quoi ou sur Dieu

Mais tape

Avec régularité

Ce ne sont pas les paroles qui comptent 

C'est la musique

Tactactactactactactactactactactactactactac

La belle mitrailleuse

D'exister

Comme quoi toi et tes haïkus aussi 

Pouvez faire dans l'épique

Ne tape pas 

Sur la grève des transports et le lancement des soldes

Mais tape sur tes semblables en prière dans les rayons de la supérette

Le Sacré

Est une dette souveraine dans laquelle tu t'engouffres en tapant

Et que tu vois s'élargir à mesure que tu tapes

Gouffre Ô maman universelle sans langage

Câlin de strychnine toute douce et toute sucrée

Elle aime bien quand tu tapes

Au moins, tu ne vas pas traîner dehors


Tes haïkus font des cents et des mille kilooctets

Pas d'inquiétude 

Dis-toi que ce sont des haïkus occidentaux