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20/12/2014

Tilia

la fille la plus balèze du monde

fait 1,6 kg

elle se tortille

avec des cuisses de mouches que même les Chinetoques boufferaient pas

à la sauce aigre-douce

pourtant elle vit

et elle fait vivre et elle fait parler et elle occupe toutes les pensées d'une bonne douzaine de personnes depuis un mois

et ELLE respire

et ELLE ouvre les yeux

et ELLE réclame à bouffer

et alors vous vous dites

moi je suis auto-entrepreneur

moi j'ai gagné la coupe des nations

moi je suis président de la République

oui mais ELLE tout ça

— respirer ouvrir les yeux réclamer à bouffer —

elle le fait vraiment

vous pouvez en dire autant ?

 

 

07/12/2014

Avec ce truc la poésie

(ce qu'il y a avec ce truc la poésie c'est qu'on reste peut-être plus qu'ailleurs prisonniers de nos réflexes & idées reçues. Par exemple, si je dis que ce qui m'intéresse dans le métier de poète c'est la gloire et l'argent on va dire que je manie subtilement une ironie dont le fond de désespoir etc etc. et que ce n'est pas grave, que six milliards d'humains moins des poussières s'en foutent.

Mais je reste sur ma position : je suis vraiment devenu poète pour l'argent. Et la gloire. Et la coke et les putes et l'Académie Française, si tant est qu'il y ait une différence. Je veux être mainstream, moi. Je suis prêt à me faire récupérer. À vendre ma mélodie intérieure à l'industrie de la pub. Et je m'étonne de ne pas encore avoir reçu de propositions.

En attendant, je rentrais hier tard dans la nuit avec le papa et la maman d'un journal pour les enfants.

Certains d'entre nous étaient bourrés. Mais on était tous au bord de l'épuisement. Mais on était tous au bord de l'épuisement et QUAND même encore plein de poésie. Malgré le vent le froid les deux fleuves les métros fermés.

Jaloux de notre succès, le maire de la Grande Ville avait organisé un événement international à base de pognon et d'ampoules destiné à faire quadrupler la population de l'agglomération pour un week-end et à paralyser le réseau de transports en commun. Il l'avait fait dans le seul but de nous emmerder, nous, nous trois plus les quelques poètes/éditeurs/gérants de MJC qu'on venait de quitter. Les mecs les plus puissants de la terre, bien plus que le Tsar de Russie ou le Roi de Chine, j'avais des preuves mais elles n'arrivaient pas à me sortir du cerveau dans le bon ordre alors je levais mon vin chaud aux délires logistiques qu'il avait fallu accomplir pour traîner tous ces Chinois Italiens Baltes Australiens Suédois avec leurs bonnets et leurs appareils photo, rien que pour nous faire chier, rien que pour nous faire chier moi et mes potes.

Ça s'est passé tout comme je vous dis.)

 

15/11/2014

Lendemain de

 

lendemain de lecture,trac,amour de l'art,con et magnifique

(Photo de Trevor Rêveur, mon pote du groupe Red City Noise)

 

 

Cher monde cruel, un lendemain de lecture, c'est toujours pareil.

Avec toute l'énergie qui m'est passée dans le corps je sais d'avance que je n'arriverai jamais à dormir.

Mais je m'en fous.

On a bien bossé, moi et mon trac. Et mon pote, qui fait toujours de la musique, un peu plus près de l'Italie, sous le nom de Lovataraxx, googlisez, ça vaut le coup.

Ce coup-ci l'ambiance était tellement saloon qu'on a même eu notre esquisse de baston à la fin, pour quelque chose d'aussi con et magnifique que l'amour de l'art.

(D'une manière générale, au cours de cette soirée, beaucoup de gens ont fait des choses connes et magnifiques, par amour de l'art. C'était d'ailleurs si beau que personne ne s'est fait de pognon, à part l'épicier de nuit du coin de la rue.)

(Il faut toujours un épicier.)

Alors ce soir je suis si con et magnifique que j'ai envie de remercier le monde entier sauf quelques exceptions de ne pas se faire de pognon.

C'est débile, c'est puéril, et je m'en fous.

Je remets ça samedi prochain encore beaucoup plus près de l'Italie, et je vais sortir mon trac, on va vibrer ensemble, si on bosse bien d'autres homo sapiens avec leur propre trac/rage/frustration/tendance à la dépression vibreront aussi, mais quoi qu'il en soit, j'aurai à nouveau cette pile à 10 000 volts entre les omoplates, et je me retournerai dans mon lit, et je compterai les heures qui me restent avant le matin, et je mettrai les deux jours suivants à m'en remettre.

Mais je m'en fous. Depuis vingt-quatre heures, et pour une nuit encore, je vis sans ma boule au ventre.

Et en soi, ça justifie déjà tout.