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18/09/2017

Ce que je fous, là maintenant

J'ai très envie de vous causer de ce que je fous, là maintenant.

Mais je ne le ferai pas, non, je ne le ferai pas,

je

suis beaucoup trop superstitieux pour ça.

Disons que c'est un Gros Truc en Prose (GTP).

Disons que j'ai le feu au cul et une date butoir.

Disons que j'essaie de faire comme une cathédrale (oh, une petite ! une cathédralinette de sous-préfecture rurale !)

et que de très logiquement je commence par mosaïques,

je

verrai pour les murs après.

Ça va s'casser la gueule, que vous dites ?

Ça va s'casser la gueule.

Tant pis, on r'montera l'bouzin.

Et bonne semaine à tous.

 

01/09/2017

Et maintenant

Lyon, le 27 juillet 2017

 

Grégoire Damon

2 rue ^¨$*££ 69007 Lyon

06 77 57 50 79

gregoire.damon@gmail.com

 

à

 

Madame & !#&°°) ! ç ;++ù%

Chargée de recrutement/suivi des contrats des non titulaires

Bibliothèque Municipale de Lyon

30 boulevard Vivier Merle 69003 Lyon

 

OBJET : Démission

 

 

 

Madame,

 

 

Je, soussigné Grégoire Damon, ai l’honneur de vous présenter ma démission du poste d’agent technique au service de la navette, que j’occupe depuis le 06/03/2017 dernier.

 

Ce poste m’a beaucoup apporté. Cependant, comme je vous l’ai dit au cours de notre entretien, je viens de recevoir une bourse d’écriture, qui va me permettre de me consacrer entièrement à mon projet littéraire en cours durant quelques mois.

 

Il s’agit d’un projet qui me tient particulièrement à cœur – aussi, et pour les raisons familiales que nous avons évoquées, je souhaiterais réduire avec votre autorisation mon préavis de démission, afin de quitter mon poste le 31 août 2017 au soir.

 

Dans les mois qui viennent, je vais donc prendre 25 kilos, fumer trente à trente-cinq cigarettes par jour, alterner des phases d'exaltation incontrôlée et d'abattement absolu. Je vais écrire trop, trop vite, couper, écrire encore, couper à nouveau. Je vais attraper des douleurs lombaires dues à une mauvaise position et des migraines oculaires que je soignerai en enchaînant ibuprofène et paracétamol. À quoi s'ajouteront troubles du sommeil et de l'attention et une certaine tendance à négliger les tâches administratives.

 

Et je vais bosser.

 

Et je vais bosser.

 

Et je vais bosser.

 

En vous remerciant d’avance de l’attention que vous porterez à ma demande, je vous prie d’agréer l’expression de mes salutations distinguées,

 

 

 

 

Grégoire Damon

 

20/08/2017

Parce que l'Été de Cristal aussi doit avoir une page 83

index.jpg

 

Cher Philip Kerr,

 

Honnêtement,

je n'en

ai rien

à

foutre

de comment

ils ont ouvert

le coffre-fort.

 

Arrivé à ce stad,

c'est à dire p.83,

je crois que j'ai cerné

l'essentiel :

 

le détective Bernard Gunther

est un de ces types

à qui on ne la fait pas.

 

Un type avec du vécu,

désabusé

et légèrement

alcoolique,

comme ça se fait dans ce milieu.

 

Bien, bien.

 

Qui se tape 

des employées de blanchisseries,

des stars de cinéma.

 

Bien, bien.

 

Tant mieux pour lui.

 

Alors,

pourquoi m'en faire pour lui ?

 

Il faut que je te dise un truc,

Philip Kerr :

l'intrigue

on

s'en

bat

les couilles.

 

(ai-je envie d'écrire,

puis pris d'un scrupule,

je précise :

l'intrigue

JE

m'en

bas

les

couilles)

 

Il y a tellement mieux

à attendre

d'un roman.

Policier ou non,

on s'en fout -

je ne lirai jamais un roman

PARCE QUE c'est un polar,

et je ne rejetterai jamais un roman

PARCE QUE c'est un polar.

 

Tu sais, une fois,

j'ai lu un roman d'Agatha Christie.

Ça s'appelait Le Meurtre de Roger Ackroyd,

et une fois qu'on m'a eu dit

que c'était le narrateur l'assassin,

j'ai eu

tout le loisir de me concentrer

sur l'atmosphère,

sur la personnalité

insupportable et fandarde

d'Hercule Poirot,

sur les petits portraits acides de

la bourgeoisie anglaise -

une vieille bourge décrite par exemple

comme un "bizarre complexe de perles et de dents",

ou quelque chose comme ça.

 

Tous ces petits

qui font une écriture,

qui font qu'on a raison de lire

toujours plus de livres,

indépendamment du fait qu'on aime à s'occire

dans les villes petites ou grandes,

et que les voisins,

parce que c'est leur nature de voisins et qu'ils s'emmerdent,

aiment bien savoir qui a fait le coup.

 

Allon, Philip, soyons sérieux.

L'Été de cristal.

Les petites cuites de Bernard Gunther.

Ses petites baises.

322 pages.

 

Alors que je n'ai toujours pas lu Les Démons de Dostoïevski

dans la traduction de Markowicz.

Alors que La Liberté ou la mort de Kazantzaki

attend sur ma table de nuit.

Alors que je n'ai même jamais lu

La Crucifixion en rose

d'Henry Miller.

Hein.

Alors que je viens d'acheter les oeuvres romanesques complètes

de Bertrand Blier.

 

23:02 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)