Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

18/10/2019

Jean-Claude requiem II

1082919-beguines-inquisition.jpg

 

Depuis la mort de Jean-Claude quelque chose de bizarre qui flotte dans l’atmosphère au boulot.

 

Collectivement : quelque chose a été modifié dans la consistance du réel (l’image est d’un pote à moi : initiales SS, rien à voir avec des options politiques).

 

Il ne s’agit pas d’un trou ou d’un manque, tout au contraire c’est comme si une chose qui n’avait jamais cessé d’être là, était toujours là. Collée aux murs – dans les bouts de mousse qui dépassent des faux plafonds – au sein des tuyauteries à vif – sur le quai de déchargement – loge des gardiens aussi, partout, à l’exception des salles destinées à recevoir le public.

 

Ce qui signifie que cette chose n’a rien à voir avec les extincteurs.

 

Jean-Claude : le gars qui avait préparé son fantôme de son vivant.

 

Raison de notre sidération. Collectivement : j’ai vérifié, ça fait une semaine maintenant et j’ai posé la question à une bonne quinzaine de collègues. Jean-Claude faisait partie de la vie de chacun de nous. Il est mort sans le savoir. Peut-être même qu’il est mort de ne pas le savoir. Ce qui nous met, les deux cents à deux cent cinquante que nous sommes en permanence, plus les anciens mutés dans des annexes, puis les retraitées et retraités, plus les morts et les mortes, plus les vacataires jamais rappelés, les trois ou quatre directeurs et les conservateurs d’État en détachement, - vingt-sept ans de boîte font du monde – au premier rang des assassins.

 

17/10/2019

Jean-Claude requiem

passeport-pour-dela.jpg

 

Chacun a un Jean-Claude quelque part.

Celui-ci on le connaît, on en a parlé.

Jean-Claude est celui qui hante :

Celui qu’on n’a pas entendu venir.

Quelles que fussent notre hâte et notre anxiété

Jean-Claude était là à notre arrivée.

 

A partir d’un certain nombre

Ça devient très compliqué de calculer les dates

A partir des directeurs qui vont qui viennent.

Mieux vaut et de beaucoup calculer en Jean-Claude –

1996 : année de la sciatique.

2002 : tendinite et lumbago au second tour.

2013 : 4000 euros sur un bourrin et voyage en Autriche.

 

À partir de 2017 les veines qui gonflent. Les eaux n’exsudent plus.

 

Jean-Claude, c’est-à-dire : le sous-sol. Les coulisses. Le service technique.

Jean-Claude : la silhouette. La bizarre voix traînante et les tournures un peu précieuses.

Jean-Claude c’est-à-dire le transpalette, compacter les cartons. Vider les caisses pour le pilon.

Jean-Claude, la peine. Et sa mère. Et le souffle. Ces putains d’assureurs privés.

 

Chacun a un Jean-Claude qui meurt quelque part

Pour un péché un peu minable

Dont on n’a même pas eu conscience –

Ce n’est que tard, bien plus tard,

Tout vieux tout flétris

Que nous ouvrons un œil pendant la sieste

Et nous frappons le front – Ah mais ouais ! C’était ça ?

Rien que ça ? Quand même…

­– Bah si. Ça a pu jouer.

Avant de nous rendormir.

 

Un Jean-Claude meurt.

Ailleurs – mais seulement si infiniment d’amour,

Seulement si infiniment de patience et de respect des procédures,

Un Enzo naît.

On appelle ça la chaîne du vivant.

 

Oui mais.

Sommes-nous sûrs de la dire assez ?

 

16/10/2019

Aυτοκίνητο (variation sur un thème connu)

moyen-age-1-maxi.jpg

 

Manger un automobiliste chaque matin

est un geste santé simple et accessible à tous :

pour autant ce n'est pas tous les jours que l'automobiliste est femelle

péniblement exhumant poussette et hoir sous des précipitations de mousson.

Garée en double file sur MON putain de passage piéton.

(Moi : eau jusqu'à mi-mollet. Poussette : itou.)

N'empêche que la fièvre du moment m'a fait faire une découverte majeure : le point Greta.

Le point Godwin tout le monde connaît.

Le point Greta c'est la même chose sauf qu'au lieu de Goebbels Hitler les fours et tout le folklore habituel

c'est les particules fines et les réchauffement qui sont invoquées pour clore la discussion.

Faites l'essai : ça marche.

D'où découle une seconde découverte majeure elle aussi :

manger un automobiliste chaque matin c'est bien

assaisonner une automobiliste sur la santé de ses enfants à l'aide de sa propre culpabilité

c'est mieux.