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25/10/2014

Le truc

le truc

c'est que je traverse beaucoup trop souvent la gare

et l'aile est du centre commercial

 

le truc

c'est qu'à partir d'un certain âge entre la caisse et les stocks

les femmes ne font pas attention à leurs cheveux

ni les hommes à leur ventre

 

le truc

c'est de ne porter qu'un insigne distinctif pour ne pas être emmerdé par les vigiles

pour le reste

le plus pratique sera le mieux

 

le truc

c'est que je dois me résoudre chaque matin à l'exploit de trouver ça splendide

des hommes des femmes

qui font la manche astiquent les chiottes emballent des chaussons aux pommes boivent un café recomptent les caisses

passent le balai mangent un brownie ferment les yeux en imaginant une plage se roulent une clope distribuent des journaux

traînent reniflent jouent de l'accordéon agitent un gosse desséché contre une pièce de monnaie font signer des pétitions

bref font tout ce qu'on peut faire dans une gare

à part prendre le train

 

 

17/10/2014

Notes préparatoires au prochain conflit ethnique

mon stress :

mon stress est dans mon ventre

mon ventre est dans ma peau

(et parfois il dépasse)

ma peau est dans une certaine conception de la nation et de l'appartenance ethnique

à laquelle je ne souscris pas

l'appartenance ethnique à laquelle je ne souscris pas est

dans ma tête dans ma peau dans mon ventre —

ergo

des idées qui n'appartiennent

               - ni à mon milieu

               - ni à mon époque

               - ni à ma sensibilité politique

vivent leur vie d'idées        leurs soubresauts historiques        leurs déclarations éditorialistes

                               à l'intérieur de moi

(et en premier lieu, dans mon stress)

 

12/10/2014

Jetez-en plus

jetez-en plus

rajoutez-en

remettez-en une couche et encore une couche

je ne sais pas qui a dit il y a trop de tout mais c'est faux

sûrement un mec du genre Paul Celan

moi j'ai trouvé ça sur le blog de mon copain Bernard

la vérité c'est qu'il n'y en a jamais assez

jamais assez de dimanches pluvieux

jamais assez de gosses qui hurlent

jamais assez de livres à lire à s'en éclater la cornée

jamais assez de mouchoirs qui s'agglutinent dans la poche

après avoir épongé jamais assez de balançoires

jamais assez de réunions de famille

jamais assez d'errances entre grandes-tantes à mesurer son propre néant intérieur

jamais assez de sensation de manque

je ne fais pas dans l'ironie

je suis sérieux

il n'y a jamais assez d'envies de meurtre dans les métros arrêtés

et jamais assez de solitude

ni de brûlures d'estomac

alors remettez-en

balancez-m'en pelletée après pelletée dans la gueule

elle est grande ouverte

et elle n'a toujours pas fini de suffoquer