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14/03/2014

Un vendredi sur terre

grand-père s'emmerde grand-mère s'emmerde et la bouchère et le pékinois et l'actrice télé sur la couverture s'emmerdent

papa s'emmerde ma soeur s'emmerde et l'aide-soignant de la maison de retraite et le gardien du musée des miniatures se sont mis aux mots croisés

le chat s'emmerde le poisson essaie d'arrêter de respirer et l'ex-président mis en cause et le tsar devant son atlas et

ta race ta mère ton ordinateur et les policiers municipaux et l'écran de l'électrocardiogramme s'emmerdent

et il y a cet instant

où tout le monde a une pensée envieuse

pour le radeau de clandos qui coule à deux cents mètres des côtes espagnoles

 

13/10/2013

Fin de série VI - les clés

Rends-toi à l'évidence, tu ne comprends rien à ce mec. Tu voudrais bien, mais il y a les autres qui te regardent. Et puis il faut rentrer. Il va bientôt faire nuit. Tu mourras pas ce soir. Tu mourras pas pour savoir ce que ça fait d'être lui, de s'afficher avec lui. Et d'être regardé.

La seule chose qui ne fait aucun doute, c'est que tout ce qu'il raconte, tu le connais déjà. Le monde et ses yeux. L'exclusion. Sa bave. Et puis la classe. Crever au pilori plutôt que d'être dans les gradins avec ceusses qui rient. Bien sûr bien sûr. Mais ce que tu ne diras pas, c'est comment toi aussi tu es passé de l'autre côté.

Depuis la naissance des triplés.

Toi aussi, maintenant, tu es celui qui a laissé ce monde avec les clés dessus et bonne chance aux suivants pour s'en démerder.


(Petite prose en avant-poste d'un travail en cours...)

09/09/2013

Tardieu, Nuel, la poésie, le public, tout ça...

L'ami Jean-Jacques Nuel vient de mettre en lien sur son blog une interview de Jean Tardieu par Christian Cottet-Emard très intéressante à plein de titres. Tardieu y parle de la diffusion de la poésie et du malentendu qui freine sa réception.

Si vous avez l'occasion de cliquer sur ce lien, mettez les enceintes à fond, le son est pourri, mais c'est l'occasion de rappeler quelques évidences : tant qu'il y aura des moments d'ennui au boulot à zoner sur internet, des profs de français un peu dynamiques, des troupes associatives en ayant marre du macramé en silence, des bidouilleurs de voix sur Garage Band et des anars nostalgiques, la poésie ira, d'une façon ou d'une autre, vers son public, si modeste soit-il par les temps qui courent.

Les moyens de diffusion de la poésie, sonore, filmée, en recueils, en plaquettes, en flyers, en MP3, en O et en 1, en chair et en noise, n'ont jamais été aussi nombreux et aussi exploités. Même si ça ne passe pas forcément par les structures éditoriales classiques.

Il y a encore une idée reçue ridicule de la part de nombreuses grosses maisons d'éditions (à part un peu P.O.L.) (dites devant moi que P.O.L. est une petite maison d'édition, que je rigole), selon laquelle on ne pourrait pas se faire de pognon avec des poèmes. Tant pis pour le caviar et les talk-shows, on fera avec ce qu'on a en attendant.

Mais je suis quasiment certain que cette petite superstition corporatiste, d'ordre beaucoup moins littéraire que marketing, finira par leur passer.


PS : A propos de glandouillage sur internet, François-Xavier Farine a eu la gentillesse de poster un petit texte de moi sur son POEBZINE.