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06/11/2014

Des coquilles et des ours

Vous allez dire que je ne me presse pas pour changer la face de la pensée occidentale avec ma série sur le quotidien, mais il se passe des trucs dans mon quartier, voyez-vous.

Alors voilà.

Depuis un peu plus d'un an, maintenant, je collabore à un mensuel ludo-culturel pour le jeune public appelé Patatras !, lancé à Lyon 7è et diffusé sur Lyon-Saint-Étienne-Grenoble.

Au début, j'avoue que j'y allais surtout parce que c'étaient des potes.

Et puis voilà. À force de livrer chaque mois mes 6000 signes, de me torturer le cerveau pour pondre une chronique qui soit non seulement compréhensible pour tout(e) aspirant(e) à l'entrée en 6è, mais qui prenne aussi un fait historique ou un personnage plus ou moins réel par un bout inattendu, j'y ai pris goût.

Surtout depuis qu'on m'a offert une série animée à moi tout seul pour caser au gueuloir tout ce qui ne tenait pas dans mes 6000 signes !

Enfin bref. Comme ça commençait à bien marcher, notre délicieuse direction de la rédaction a trouvé un moyen original pour rester pauvre : ils ont décidé de se lancer dans l'édition.

Et ça tombe bien, parce que Faustine Brunet, qui travaille comme illustratrice dans le magazine, a écrit/dessiné un très beau livre.

En voilà la couverture :

 

Les poissons ont disparu.jpg

Ainsi naquirent les éditions Coquille d'ours. Vous pouvez d'ores et déjà aider se projet à ne pas tomber à l'eau (où il n'y a plus de poissecaille de toute façon, c'est marqué dessus !) en précommandant l'ouvrage ou en faisant un don à l'asso ici.

 

L'équipe de Patatras ! sera présente ce week-end au salon du livre de la petite édition et de la jeune illustration de Saint-Priest.

 

Et demain, tant pis pour la pensée occidentale, je vous causerai du grand frère de Patatras ! la revue Foutou'art.

 

 

12/05/2014

Verso + le Syndicat des poètes à la Cave Littéraire ce samedi

Passent les jours, et toujours revient la saison des gueuloirs.

Ce coup-ci, c'est à la Cave littéraire, Espace Jacques Prévert 90 avenue de la Verpillière 38 090 Villefontaine que ça se passe, et en collaboration avec la revue Verso.

Adoncques, ceux qui auront le courage de prendre le train/covoiturer/piquer des deux jusqu'aux confins de l'Isère auront le plaisir de voir d'entendre, à partir de 18 heures 30, Bernard Deglet, Pauline Catherinot, Alain Wexler et moi, le tout sur une exposition de photographies de Josette Vial.

Merci à l'équipe de la Cave littéraire, ainsi qu'à Alain Wexler, grand manitou et éditeur/découvreur/maquettiste/imprimeur/attaché de presse/poète revuiste depuis... 1977 !

Toutes infos utiles ici

 

10/03/2014

Critique &

Cher Jibé Moinat,

 Je tenais à revenir sur la critique que tu as faite de mon bouquin sur le blog culturel Les Heures perdues.  

D'abord parce qu'elle est enthousiaste (merci à toi), mais surtout, parce qu'elle m'a fait réfléchir. 

Tu sais, Jibé (je me permets de t'appeler comme ça parce que j'ai l'impression qu'on a plus ou moins le même âge), j'ai toujours eu beaucoup d'admiration pour les gens capables de dire toutes ces choses profondes sur LA poésie, LE poète, etc. Ce n'est pas mon cas. Je suis même une sorte de débile profond dès qu'il s'agit de théoriser ou de généraliser quoi que ce soit. Par exemple, j'ai du mal à me faire à l'idée de défendre à tout prix la poésie parce que c'est de la poésie. Si je n'étais pas parvenu à me sortir de la tête l'idée universitaire selon laquelle la modernié poétique bonnefoyjaccottienne serait le seul salut à notre absurde époque où le langage a abdiqué ses prétentions sur le moi, le monde et la réalité, eh bien, putain, je n'aurais pas écrit ce bouquin et on ne serait pas là, toi et moi, à causer. Je crois même que si j'étais resté dans le milieu universitaire (si j'avais, mettons, fait une thèse, préparé l'agrègue, etc), j'aurais complètement arrêté d'écrire.

Bien sûr que je défends ma forme d'expression, certes, d'abord parce que c'est la mienne (faut pas déconner), mais je ne me définirai jamais comme pur poète, et d'ailleurs, en tant que lecteur, je n'ai qu'un critère : toute oeuvre d'art, ingurgitée ou régurgitée, doit me permettre de vivre un jour de plus sans devenir dingue et sans que la merde gagne.

D'où, peut-êtren l'aspect "chronique" de ce que je fais.

Mais tu sais, Jibé, il y a pire que moi. Il faut que tu connaisses un mec qui s'appelle Simon Allonneau. A côté de lui, je fais du Saint-Jean, du Ezéchiel, du Lautréamont, tellement il bosse, lui, dans l'anecdote toute sèche.

J'en parle ici parce que c'est un des rares, ces dernières années,  qui m'ait influencé au point de remettre en question tout ce que je pensais de la poésie. Pour une raison bien simple : c'est le roi de la débénabarisation du quotidien — et moi, le quotidien, la trivialité, et comment y survivre, c'est justement ce qui me questionne le plus en ce moment, littérairement parlant.

Et à cet égard, permets-moi une remarque.

Pour reprendre l'expression du sieur Thélot que tu cites dans ton article, bien sûr que la "verbalisation de la vie, [le] passage de la vie dans la parole" me passionne, mais "passer sa vie à ne rien faire, à ne rien faire" qu'y travailler me paraît être une sorte d'utopie accessible seulement à quelques rentiers/chroniqueurs mondains/semi-universitaires à chaire moitié fictive. Et je n'ai a priori aucune envie de lire une littérature qui fait comme si le travail, la femme, les gosses, les papiers de l'assurance et les pannes de la cafetière n'existaient pas.

Ne serait-ce parce qu'écrire sert aussi à chercher comment survivre à tout ça.