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22/09/2014

Pourquoi la guitare ?

Il y a des gens qui apprennent à jouer de la guitare pour des raisons sexuelles.

Ou parce qu'il n'y a rien à faire dans leur bled. Ou encore, par amour de la musique.

Moi, j'ai appris à jouer de la guitare par politesse.

J'ai su très tôt que je ne serai jamais capable de fabriquer un meuble ou de réparer un moteur de voiture. Alors j'ai appris la guitare.

C'est exactement comme apporter une bouteille ou un bouquet de fleurs quand on est invité chez des gens qu'on ne connaît pas bien.

Le monde aimerait bien vous avoir à sa table. Seulement, il ne veut pas commettre d'impair vis-à-vis des autres invités. Il ne sait pas si les autres invités seront d'accord pour que vous existiez, mettons, de 19 heures à 23 heures la veille du 11 novembre, mettons à vingt centimètres de certains d'entre eux.

Il aimerait bien que vous lui montriez d'abord que vous saurez vous tenir, que votre voisin n'aura pas à vous cracher à la gueule des bouts de hors-d'œuvres italiens.

Il n'est pas sûr. Il voudrait bien.

Il faudrait le rassurer, dans son langage de vibrations.

Donc, guitare. Voilà.

J'espère que je me suis bien fait comprendre.

 

08/05/2014

Paco

 

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Les synapses de Francisco Sanchez Gomez sont des êtres vivants.

Je le dis, parce que je n'ai vu figurer cette information dans aucune nécro.

Et pourtant c'est évident. Je le sais depuis longtemps. Depuis que j'ai l'âge de jouer No woman no cry à la guitare. Et j'ai remarqué ça sans être un aficionado du flamenco, ni même un mec que le flamenco intéresse plus d'une heure par an.

Vous me direz : cet homme a révolutionné le flamenco avant l'âge de vingt ans. Vous ajouterez : seulement on s'en fout, du flamenco. Et je serai bien de votre avis.

Mais on ne se fout pas des synapses de Francisco Sanchez Gomez.

Les synapses de Francisco Sanchez Gomez ont une histoire. Les synapses de Francisco Sanchez Gomez ont leur sensibilité. Les synapses de Francisco - et puis merde - Paco de Lucia ont, elle aussi, leur dignité d'être n'ayant pas demandé à vivre, et essayant d'exister en détruisant le moins possible autour d'elles.

Je parle des synapses à mains. Des synapses à guitaristes, de ces synapses qui président aux gammes chromatiques et aux modes espagnols.

Il fallait douze heures de travail par jour à Paco rien que pour garder le niveau, disait-on. Douze heures par jour pour que ça soit facile. Et spontané. Et naturel. Ou tout ce qu'on voudra. Duende.

Des synapses d'une sensibilité pareille ne se mènent pas au fouet. Il fallait du doigté, du tact et une patience infinie. Elles devaient connaître les tourments des génies, la peur de l'incompréhension, le trac, la terreur de décevoir après avoir été au sommet, peut-être des caprices de diva.

Maintenant qu'il est mort, qui va leur apporter cette tendresse d'apiculteur ?

Y a-t-il dans les espaces intermédiaires un service de retraitement des synapses guettant l'éclosion des guitaristes prodiges ?

Y a-t-il une métempsychose pour les transmetteurs neuronaux ?

 

07/04/2014

Métempsy & toutes ces choses

Pépée.jpg

 

LUI : Bonjour, je voudrais refaire ma carte de bibliothèque, s'il vous plaît.

MOI : Bien sûr, asseyez-vous. Vous auriez une pièce d'identité ?

LUI : Voilà.

MOI : Merci. (Pause) Dites... Vous êtes vraiment né le 7 avril 1968 ?

LUI : Oui, pourquoi ?

MOI : ... ça alors... formidable... ça, j'avais jamais vu...

LUI : Qu'est-ce qu'il y a de si...

MOI : Mais vous ne vous rendez pas compte ! Vous êtes sûrement la réincarnation de la guenon de Léo Ferré !

LUI : Comment ça ?

MOI : Vous connaissez Ferré ?

LUI : Oui.

MOI : Vous aimez ?

LUI : Oui.

MOI : Alors écoutez. (Là je lui chante LA PLUS BELLE CHANSON D'AMOUR JAMAIS ÉCRITE SUR UN CHIMPANZÉ)

LUI (A la fin de la chanson) : Ça alors. J'aurais pas cru...

MOI : Ben oui, ça alors.

LUI : C'est dingue.

MOI : Ben oui, c'est dingue.