18/06/2015
Addictologie
au début
rien de grave
on peut se lâcher une fois de temps en temps
au pire
on aura un petit matin difficile
mais quand on en est
à avoir besoin d'une page de Walt Whitman dès le matin
alors là
il y a vraiment du mal de fait
20:30 Publié dans Gueules de bois | Tags : dépendance, poésie, walt whitman | Lien permanent | Commentaires (0)
13/06/2015
Petite cosmogonie de poche
la poésie vient de la voix
la voix vient de la guitare
la guitare vient des cigarettes
le cigarettes viennent du cas soc du lotissement qui se cherchait une dinguerie un peu compréhensible chez les notables
et voilà
le cas soc vient du foyer
le foyer vient des élus municipaux
les élus municipaux viennent du taré qui se balade avec son doberman
le doberman vient du sadisme et de la prétention de quelqu'un au XVIIIème siècle
et voilà
le sadisme et la prétention viennent de très loin dedans
le dedans vient de la frustration
la frustration vient de l'insomnie
et voilà
l'insomnie vient de hormones
les hormones viennent des connards de tigres à dents de sabre toujours prêts à charger
les tigres à dents de sabre — pour autant que je puisse en juger — viennent de la bibliothèque
et voilà
la bibliothèque vient de l'Égypte ancienne
l'Égypte ancienne vient du limon
le limon vient des dieux
les dieux viennent de la poésie
et voilà
07:25 Publié dans fins de séries | Tags : cosmogonie, hormones, poésie, lotissement, insomnie | Lien permanent | Commentaires (0)
25/09/2014
Kate
j'ai horreur du name dropping
alors quelqu'un peut-il m'expliquer
ce que fout Kate Moss dans mon ordinateur
ce qu'elle a à mendier ma conjonctivite
avec son flacon
avec son bâton
comme si elle ne savait pas aussi bien que moi ce que je fous à cette heure-ci devant mon écran
Kate
écoute
dans quelle merde t'es-tu fourrée pour avoir besoin de vendre des aspirateurs
est-ce qu'on t'oblige désormais à payer tes lignes de coke
tu n'es pas encore vieille
tu n'es pas encore flasque
pour peu qu'il reste un photographe sachant manier un logiciel de retouche
ou que la dernière raclure britannique venue soit encore capable de croire que tu es vivante
et que c'est toi le rock'n'roll
non Kate
du moment qu'elle a un minimum de classe et une tête à chapeaux
rien n'est perdu
le monde est encore prêt à fantasmer sur la décadence
alors ne te frotte pas comme ça
je ne suis pas concerné
ce n'est pas mon métier
et d'abord qu'est-ce que tu sais de moi
je me brûle les yeux depuis ce matin 7 heures
et la poésie
ça contient des germes
des bactéries
tu ne devrais pas venir la renifler de si près
j'ai une femme
des enfants
un univers caricatural peuplé de clodos et de chamanes
qui sont souvent les mêmes personnes
alors retourne d'où tu viens
tu aurais vite fait de te retrouver changée en une pauvre gamine de la banlieue de Londres
vendue à l'étal depuis l'âge de 14 ans
avec des flashes au cul
des seaux à champagne
et l'obligation contractuelle de trouver ça merveilleux
16:00 Publié dans fins de séries | Tags : name dropping (horreur du), kate moss, pub, dior, poésie, vrp en aspirateurs & fournisseur de gaz | Lien permanent | Commentaires (0)